Sexe primé ou l'érotisme déviant, un titre qui prend tout son sens au fil des pages tournées. Le sexe n'est pas qu'un ébat, il est le coeur de l'amour, le centre de nos perversions. Sexe amor et à mort, sexe bestial, sexe à tout âge, sexe criminel...

Stella Tanagra a écrit une oeuvre qui plaira à celles et à ceux qui recherchent quelque chose de différent, à celles et à ceux qui n'ont pas peur de franchir les interdits ou de s'aventurer en chemin dangereux. La plume de l'auteur nous galvanise par son style et sa qualité, nous touche par sa sensibilité, nous effraie par certains sujets évoqués, nous surprend mais en rien elle ne nous laisse indifférent. 

Sexe primé est un excellent livre ! Je ne peux que vous le recommander et vous inviter à découvrir son auteur dans l'entretien qui suit.

Stella Tanagra qui es-tu ? 

Un spécimen qui cultive sa différence et assume ses désirs... 

Qu'est-ce qui t'a mené à l'écriture ? 

La marginalité parce que je ne me suis jamais reconnue dans les standards physiques et le formatage des esprits. Ado, j’ai commencé à écrire avec ma sensibilité exacerbée comme fer de lance.

 

Quelle est ta définition de l'érotisme ? 

De prime abord, l’érotisme nous évoque l’esthétisme qui émane de la sexualité. Mais au-delà du sensuel, je pense que l'on peut trouver de la beauté dans les pires travers de la sexualité. J’aime alors mettre en lumière la noirceur de nos pulsions car l’érotisme, c’est aussi ça !

Où puises-tu ton inspiration ?

J’en reviens souvent à l’animalité de l’Homme. Ce qui nous rend si passionnant est ce conflit latent entre l’intellect et l’instinct. Le sexe est un savant mélange des deux, l’un renforçant l’autre que ce soit dans le plaisir ou dans l’horreur. J’aime me questionner sur la condition humaine qui se débat avec des désirs pulsionnels que l’intelligence peut décupler aussi bien que tenter de canaliser.

Sexe Primé paru aux éditions Tabou, est ton second recueil de nouvelles, peux-tu nous en donner la saveur en quelques mots ?

Dix nouvelles érotiques aussi roses que noires où je malmène les idées reçues pour emmener les lecteurs là où ils ne s’y attendent pas, entre gêne et excitation et surtout, sans aucun tabou.


Dans ce livre, nous découvrons les parts sombres de l'amour, celles qui ne sont révélées que sous le jour des faits divers, d'où te vient cette idée ?


Il m’a été salvateur, en écrivant, de partager les émotions aussi intenses qu’opposées que j’ai pu ressentir. Sans pour autant dévoiler ma véritable histoire, je puise cette inspiration de mon propre parcours sexuel et amoureux. Autant dans Sexe Cité que Sexe Primé, je délie des bribes de mes vicissitudes. A chacun de dénouer le vrai du faux, le vécu du fantasmé...
 

A part le dubstep cité à deux reprises dans ton livre, quelle(s) musique(s) écoutes-tu ?
 
J’aime le rock au sens large du terme, que les sonorités soient punk, électro, rétro ou pop par exemples. Quelques groupes que j’apprecie beaucoup : The Hives, The Foals, The Shoes, Eels, The Strokes, Thes Arctics Monckeys, Blink 182, The Used, Good Charlotte, The Editors, Interpol, Deportivo, T-Rex, Lynyrd Skynyrd…  

Quel est le meilleur compliment que l'on puisse te faire ? 

Me prouver que l’on a réussi à me percer à jour !

Chaque nouvelle a son lot de surprises mais ce qui est continu tout le long du recueil, c'est cette volonté d'indiquer une fausse route au lecteur, avec une vérité qui parfois ne se révèle qu'à la chute du récit. Ce jeu est propre à Sexe Primé ou surprendre là où on ne t'attend pas est dans ta nature ?


J’ai aussi mis à l’œuvre cette recherche de surprises voire de stupéfactions dans mon premier recueil Sexe Cité. Etant très secrète contrairement à ce que l'on pourrait croire, il est effectivement dans ma nature d'être insaisissable, oscillant entre innocence et vice. Comme dirait l’un de mes lecteurs, bien conscient de mon statut de nymphette invétérée : « On lui donnerait le bon Dieu sans confession ! ». Cette opposition entre mon angélisme et ma fureur est d’autant plus troublante quand on connait mes deux facettes... J'aime jouer avec l'idée que l'habit ne fait pas le moine !
  
Sur quoi travailles-tu en ce moment ?


Je finalise le projet d'une romance érotique. Changement de registre donc. Il s'agit d'un roman et non d'un recueil de nouvelles. J’ai mis Eros et Thanatos de côté pour mettre l’accent sur les tribulations sexuelles d’une héroïne que l’on suit dans ses passages à l’acte, pour le meilleur et pour le pire…
 
Que fais-tu lorsque tu n'écris pas ou que tu ne testes pas une armée de sextoys ?
 
Les projets de livres, les shootings photos, les tests de sextoys et tout ce qui a attrait à cette vie parallèle représentent le plus clair de mon temps, s’y ajoutent des interludes libertins. Hormis cela, j’aime à dire que je suis une girl next door. Omega, mon photographe, a d'ailleurs dédié une série de photos à cette thématique, au plus proche de mon intimité usuelle.

Confessions érotiques. Le plus attirant chez un homme ? Le plus excitant chez une femme ? 

 

Je voue un culte à l’anatomie masculine tant bien qu’il m’est difficile de répondre ! Je dirais que tout ce qui évoque son animalité est un vecteur d’excitation pour moi. Quant aux femmes, j’aime  le contact charnel avec elles car il est si antipodale avec celui ressenti avec un homme, qu’il me rappelle ô combien je les aime…   

Entretien réalisé par Galan Dorgia le 20.09.2017.